Développement d’une microbille de miel permettant de délivrer progressivement ses principes actifs dans le cadre de soins de plaies.

Depuis l’Antiquité, le miel est utilisé comme un agent antibactérien topique efficace pour le traitement des plaies. Il était notamment très populaire en Egypte où il est mentionné comme ingrédient dans plusieurs centaines de remèdes. Il est difficile d’affirmer, avec certitude, la première utilisation du miel en tant que substance curative. La plus ancienne trace écrite de son utilisation remonte vers 2000 avant JC sur une tablette d’argile de Nippour, un centre religieux situé dans la vallée de l’Euphrate. Il y est mentionné pour son utilisation pour une infection cutanée, un ulcère ou après une intervention chirurgicale. Des mentions d’utilisation du miel sont également retrouvées dans la littérature chinoise datant de 2000 avant JC.

Plus tard, au 17ième siècle, Charles Butler dans son ouvrage « The feminine monarchie » relate son utilisation médicinale comme : nettoyant et désinfectant, laxatif, diurétique, médicament contre la toux, baume pour les yeux, fortifiant, aphrodisiaque, conservateur, rince-bouche pour les ulcères, traitement contre les morsures de serpents, calmant contre les maux d’estomac, …
 
Les études menées sur le miel ont montré qu’il avait une activité antimicrobienne grâce à ses caractéristiques chimiques et physiques. Son acidité importante et son contenu important en sucre génèrent un effet osmotique qui est défavorable au développement des micro-organismes  dans la plaie. En plus de cet effet osmotique, le miel contient de nombreuses substances qui contribuent à son action antimicrobienne : phénols, oligopeptides, méthylglyoxal, acide kinurénique, la glucose oxydase, …

Même si les effets secondaires de son utilisation sont rares, chez pratiquement tous les patients, des picotements et brûlures sont ressentis suite à son application. Un autre problème pratico-pratique est que le miel voit sa viscosité diminuer au contact de la plaie de par la température du corps. Cela peut parfois empêcher qu’il reste en place sur la plaie puisqu’il peut devenir coulant. Pour palier à ce problème, des tulles imprégnés de miel ont été développés. Cependant ces derniers, même s’ils améliorent le temps de contact entre la plaie et la peau, ne diminuent pas l’effet de brûlure et de picotements qui s’additionnent au traumatisme global du patient. De plus, des adhérences se créent au fur et à mesure de la cicatrisation entre la plaie et le tulle. C’est pourquoi, il a été imaginé de développer des microbilles de miel qui pourraient par la suite intégrer un pansement dédicacé. Les microbilles pourraient relarguer progressivement les actifs du miel tout en limitant les effets indésirables de l’effet osmotique et de l’acidité du miel pur. Mais également régler le problème lié à son application et à sa viscosité.